Dans le cadre de nos activités en Ressources Humaines, nous avons constaté une fragmentation des pratiques RH au Sénégal et plus largement dans la zone UEMOA. Pour cette raison, nous allons aujourd’hui aborder la gestion des emplois et des compétences dans la zone UEMOA. En effet, les pratiques dans ce domaine restent très hétérogènes. Chaque pays, chaque secteur, voire chaque entreprise, applique ses propres référentiels : définitions de poste, grilles de classification, cadres de compétences ou systèmes d’évaluation. Se posent alors, de manière globale, des problèmes d’harmonisation des curricula des formations professionnelles dans la Zone UEMOA, pour ne pas dire au Sénégal. La conséquence est que : la mobilité régionale des travailleurs demeure limitée ; les équivalences de qualification sont souvent floues ; et les données sur le capital humain restent difficilement exploitables à l’échelle communautaire. Pourtant, plusieurs initiatives régionales, notamment le PARCI (Programme d’Appui à la Reconnaissance des Compétences et à l’Insertion), ont ouvert la voie à une harmonisation. Ces efforts, bien qu’importants, n’ont pas abouti à un cadre commun opérationnel, à l’image de ce que représente l’OHADA pour le droit des affaires. Malheureusement, il reste beaucoup de choses inachevées. En effet, de Dakar à Ouagadougou, de Bamako à Cotonou, on retrouve des tentatives nationales pour structurer les emplois et compétences. Ces démarches restent isolées et non interopérables, faute d’un référentiel unifié et d’un outil numérique fédérateur. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement de décrire les emplois : il s’agit d’en faire un système vivant, connecté aux formations, à la performance et aux politiques publiques. C’est certes très audacieux de notre part, mais nous vous soumettons tout de même, une piste de réflexion, une esquisse de ce que pourrait être le Référentiel Commun des Emplois et Compétences dans la zone UEMOA (RCEC-UEMOA). LOUYE DEM, Entreprise Individuelle dont je suis fondateur, propose ce référentiel qui vise à : créer un langage commun entre États, entreprises, écoles et institutions ; faciliter la reconnaissance mutuelle des qualifications ; et promouvoir la mobilité professionnelle régionale. Le RCEC-UEMOA repose sur une codification harmonisée (par domaine, métier, poste et compétence) et une nomenclature claire couvrant les grands secteurs économiques : RH, Finance, Mines, Agro, TIC, Droit, Santé, Éducation, etc. Ce RCEC-UEMOA pourrait être linké à l’outil « ARCHE-RH » qui serait la colonne vertébrale de la Gestion du Capital Humain dans toute entité de la zone. En effet, pour transformer ce référentiel en outil vivant, LOUYE DEM a conçu parallèlement l’outil ARCHE-RH – Architecture RH et Compétences des Employés qui permet : de centraliser les données du personnel ; de cartographier les compétences selon le RCEC ; d’identifier les écarts de performance et de potentiel ; et de proposer automatiquement des plans de carrière et de formation. En d’autres termes, ARCHE-RH incarne le lien concret entre la vision régionale du RCEC-UEMOA et la réalité opérationnelle des entreprises. C’est un instrument d’aide à la décision, de transparence et de valorisation du capital humain africain. Pourquoi le nom ARCHE ? Le choix du nom ARCHE n’est pas anodin. Dans la mythologie comme dans les récits fondateurs, l’Arche symbolise la préservation et la transmission de ce qui a de la valeur. De la même manière, ARCHE-RH se veut un vaisseau numérique qui sauvegarde, ordonne et fait fructifier les savoirs, les compétences et les talents africains. Il s’agit d’une métaphore du passage : entre générations, entre métiers, entre pays. Une arche qui transporte les savoirs et les compétences à travers le temps, pour bâtir la mémoire et la performance du Capital Humain Africain. Voilà, de manière ramassée, notre contribution ouverte qui fait suite aux initiatives du PARCI (Programme d’Appui à la Reconnaissance des Compétences et à l’Insertion). Fort de + de 30 ans d’expérience dans les Ressources Humaines, nous avons le devoir de plaider pour le renforcement des initiatives en Ressources Humaines au Sénégal et dans la zone UEMOA. Si notre proposition agrée les hautes autorités de la zone, RCEC-UEMOA deviendra un instrument communautaire à l’image de l’OHADA : Un cadre normatif partagé, adaptable à chaque pays ; Un socle d’équivalence pour la reconnaissance des qualifications ; Et un levier d’intégration régionale durable. « Nous devons donner à l’Afrique de l’Ouest un langage RH commun, fiable et moderne. Le capital humain est notre première richesse : il mérite un cadre à sa mesure. » Retenons pour conclure que nous devons aller vers une gouvernance intégrée du Capital Humain Africain. L’harmonisation des emplois et compétences dans la zone UEMOA n’est plus un luxe, c’est une urgence stratégique. Les réformes économiques, la transformation numérique et la jeunesse africaine appellent une gestion du capital humain à la fois structurée, équitable et dynamique. Avec le RCEC-UEMOA et ARCHE-RH, LOUYE DEM propose une vision, une méthode et un outil. L’union de ces trois dimensions peut enfin offrir à la région une gouvernance RH intégrée, tournée vers la performance, la mobilité et la dignité du travail.


