La Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID), en collaboration avec Orange, a lancé la possibilité de payer les impôts et taxes via l’application MAX IT. Une initiative que devraient saluer de nombreux usagers qui voient en cela un pas concret vers la modernisation des services publics, conformément aux orientations du New Deal impulsé par l’État du Sénégal. Mais cette avancée, aussi importante soit-elle, met en lumière un enjeu central qui est la digitalisation des processus au niveau de la DGID. Elle ne doit pas se limiter au paiement aux impôts et taxes mais doit aussi transformer toute la chaîne administrative. Dans cet article, nous allons examiner les bénéfices, les limites actuelles et les perspectives nécessaires pour bâtir une administration fiscale véritablement numérique, fluide et efficace. Le Paiement des impôts et taxes via MAX IT est un progrès réel qui simplifie la vie des contribuables. En effet, l’intégration du paiement fiscal dans MAX IT constitue une réponse concrète aux attentes des citoyens et des entreprises. Parmi les avantages immédiats, on peut citer : Accessibilité 24h/24 Le contribuable peut payer à tout moment, sans se déplacer. Réduction significative des files d’attente Moins de congestion dans les centres fiscaux, un gain de temps considérable. Traçabilité et sécurisation Un reçu numérique est généré immédiatement, limitant les risques d’erreur ou de manipulation. Première brique d’un écosystème digitalisé Cette initiative s’inscrit dans le mouvement global de modernisation de l’administration. C’est une avancée indéniable et un symbole fort d’un État qui se digitalise progressivement. Mais la transformation reste incomplète car il y a encore trop de paperasse, trop de ruptures dans la chaîne de traitement des dossiers à la DGID. Malgré ces progrès, l’expérience utilisateur reste encore loin d’être fluide. Aujourd’hui, pour finaliser un dossier fiscal, créer une entreprise par exemple ou régulariser une situation, beaucoup d’usagers se heurtent à des obstacles : Des documents encore exigés en version papier Formulaires imprimés, copies physiques à faire entrainant des va-et-vient incessants, dépôts au guichet… Dans une dynamique de digitalisation, cela devrait appartenir au passé. Une absence d’intégration entre paiement et traitement du dossier En effet, le paiement via MAX IT n’entraîne pas automatiquement au sein de la DGID : une notification interne, un lien avec le dossier concerné et son avancement, ou la validation de l’étape suivante. Le contribuable doit souvent revenir physiquement avec un reçu papier. Des workflows administratifs manuels Beaucoup de validations, transmissions et traitements restent non automatisés à cause De l’inexistence d’un processus de workflows informant un groupe d’employés de la DGID, selon leurs rôles définis au préalable, qu’un dossier leur est soumis pour traitement. Avec ce système, le nombre de dossiers reçus et traités par qui est connu instantanément. Digitalisation partielle de la création d’entreprise Bien que l’APIX et certaines plateformes aient apporté des améliorations, les parcours restent éclatés entre plusieurs administrations. Il faudrait ainsi, aller beaucoup plus loin pour que la digitalisation devienne structurelle. Plusieurs axes d’amélioration sont indispensables. Automatiser entièrement la chaîne après paiement. En effet, un paiement via MAX IT devrait automatiquement : mettre à jour le statut du dossier, déclencher une étape interne, notifier aux agents responsables (workflows), archiver une preuve numérique vérifiable par QR code. Le reçu papier deviendrait inutile. Supprimer la paperasse à la source La digitalisation efficace repose sur : Des formulaires 100% en ligne, Le dépôt de documents numériques, Des signatures électroniques, Un dossier administratif unique et partagé. Digitaliser partiellement la création d’entreprise Une entreprise doit pouvoir être créée : sans certains déplacements, sans certains documents papiers, via un système intégré DGID + APIX + CNSS/IPRES + Greffes. Développer un portail fiscal moderne Ce portail doit offrir : l’historique complet des paiements, le suivi en temps réel du dossier, des documents téléchargeables, un tableau de bord fiscal personnalisé. Renforcer l’interopérabilité (PI-SPI) Le paiement fiscal doit être accessible via tous les modes de paiement existant dans PI-SPI : ✔ Orange Money ✔ Wave ✔ Free Money ✔ Banques ✔ QR code interopérable BCEAO Nous devons voir la digitalisation comme levier de développement national. Au-delà de la DGID, la digitalisation des services publics représente une opportunité unique. Elle permet de : réduire les délais administratifs, stimuler la création d’entreprises, renforcer la confiance des citoyens, améliorer la compétitivité économique, et moderniser la gouvernance. La réussite du New Deal repose sur une intégration totale de la donnée, des process et des systèmes, ce qui nécessite : une forte coordination institutionnelle, des partenaires techniques fiables, et une expertise solide en automatisation. Le paiement des impôts via MAX IT est une avancée encourageante, mais un chantier immense reste ouvert pour les autorités du Sénégal. Outre les paiements fiscaux et taxes, ceux-ci doivent déclencher un workflow au sein des services concernés dont les rôles sont déterminés en avance. Ce système permet de tenir des KPI sur l’ensemble des données au sein des services mais aussi de suivre la productivité des agents des administrations. Ainsi, la digitalisation doit toucher : les workflows internes, la gestion des documents, la création d’entreprise, les interactions interinstitutionnelles, et l’expérience citoyenne globale. Fort de mon expérience professionnelle en matière d’automatisation des process, je suis convaincu que le Sénégal dispose des compétences, des talents et des infrastructures pour réussir cette transformation. #DGID #MFB #ORANGE #SONATEL #BCEAO #PISPI



